LE TOURNANT

À partir de maintenant, notre mission prend un nouveau tournant. Ce dernier coïncide avec notre trentième anniversaire, incluant les trois dernières années, orientées vers les arts numériques et médiatiques. Notre revue change de cap en adoptant exclusivement le format numérique. Nous délaissons la publication sur papier, et ce, dès la présente livraison.
Le manque de temps consacré à la culture et la croissance de l’offre, partout et particulièrement sur les médias numériques, ont eu raison du marché de l’imprimé. Et ce simple geste de tourner une page de papier, que l’on a tant aimé, devient inopportun.
C’est la brillance et la profondeur de l’image écranique qui nous fascineront désormais, de même que les multiples marchés non encore « exploités » par une revue d’arts technologiques. On songe aussi à tous ces nouveaux auteurs et créateurs et à un ensemble d’hyperliens qui nourriront nos articles, menant les lecteurs, espérons-le, vers les territoires du savoir et de l’inconnu.
Vu le succès colossal des arts numériques en ville comme en région – et partout dans le monde – nous cherchons à intéresser plusieurs de ces nouveaux publics qui se sensibilisent aux pratiques que nous défendons et suivent l’art numérique sur la toile. Ils sont la suite inespérée d’une esthétique relationnelle qui aurait vraiment bien tourné ! Tout comme les arts numériques et médiatiques sont la continuation de l’histoire de l’art.
Si la revue est déjà publiée et indexée en numérique depuis quelques années grâce à Érudit, qui assure notre promotion auprès des institutions d’enseignement ici et à l’étranger, nous misons, de plus, sur le développement de lectorats issus d’écosystèmes artistiques inspirés, réunis autour des champs disciplinaires que nous représentons. Tout comme ceux qui travaillent en réseau avec les technologies (théâtre, architecture, son, sciences, art public, Fab Labs et tant d’autres). Sur une base locale et internationale, notre programme est de travailler avec les milieux spécialisés concernés, et, dans un mouvement d’ouverture, de démocratiser les discours, que ce soit par la revue numérique, un site, des expositions, des colloques ou des rassemblements. Nous pensons que les arts numériques et médiatiques ont un fort impact sur les publics et qu’enfin, les arts actuels s’acheminent vers une reconnaissance sans précédent.
Chers amis des arts numériques et médiatiques, ainsi que de toutes disciplines artistiques, tous publics, je vous invite à suivre la migration de notre revue vers le numérique sur notre site www.etcmedia.ca et à vous y abonner : http://etcmedia.ca/fr/je-mabonne/.
Ne boudez pas votre plaisir avec ce premier numéro uniquement numérisé. Nous sommes honorés de vous offrir un numéro historique, traitant d’un très grand nombre d’œuvres créées expressément pour les célébrations entourant l’anniversaire de fondation de la ville de Montréal.
Intitulé Mapping & projections, le présent numéro s’annonce sous un mode festif, témoignant en bonne partie de la part donnée aux arts numériques et médiatiques dans ce contexte du 375e anniversaire de Montréal. En effet, les arts numériques et médiatiques imprègnent la ville comme jamais auparavant. On ne peut rester indifférent devant cette ville qui s’anime devant nous. Nous avons la démonstration tangible que cette forme d’art peut toucher un très large public, de manière ludique, parfois indiscernable, bref, complexe. Bravo Montréal, même si ton administration est critiquée sous plusieurs aspects, des dépassements de coûts aux mauvais choix d’événements ! Il n’en demeure pas moins que l’attention accordée aux arts visuels et numériques fait date, tant en nombre, en budget, qu’en féérie.
Plus que jamais, votre soutien est requis ! Profitez des tarifs très bas du numérique pour la promotion et le développement des arts numériques et médiatiques. Et pour ETC MEDIA, http://etcmedia.ca/fr/je-mabonne/.

Isabelle Lelarge

N.B. En passant, permettez-moi de vous exprimer mon soulagement au moment d’abandonner la logistique de l’entreposage des boîtes de revues, des coûts exorbitants des imprimeurs, de la poste et du courrier, la quasi-absence de distributeurs et de librairies, bref, un marché liquéfié.